Je suis interviewé par deux journalistes sur mon métier de parieur sportif

ParDavid Tennerel

Je suis interviewé par deux journalistes sur mon métier de parieur sportif

En octobre 2019 j’ai été interviewé par deux étudiantes rennaises en journalisme pour un reportage radio sur les paris sportifs. Dans ce podcast nous avons abordé bons nombres de sujets:

* Comment j’ai commencé

* Ma journée (organisation)

* Mon passé de joueur de poker pro

* Pourquoi j’ai choisi les paris sportifs

* Similitude entre le poker et les paris sportifs

* Le projet Parieur-Pro sur le long terme

* Les syndicates (société d’investissement dans les paris sportifs)

* Les paris sportifs sont-ils du pur hasard ?

* L’addiction aux paris sportifs

* La variance (la part de chance dans les paris)

* La gestion de bankroll (la somme investie dans les paris)

* Gestion mentale et tilt

* La communauté parieur pro

* Les joueurs récréatifs

* L’adrénaline dans les paris sportifs

* Suivre les résultats de ses paris

* Le développement personnel (méditation, sport)

* Être parieur pro: stressant ?

* Ce que nous faisons en tant que parieur pro

* Les arnaques dans les paris

* Gagner de l’argent au casino

* L’espérance de gains

* Technique pour gagner au loto

* La loi des grands nombres

* La loi des séries

* Ce que pensent mes proches de mon métier

* Les jeux d’argent auxquels j’ai joué par le passé

* Le parcours d’ami parieur pro sur le basket (Antoine)

* Mon avenir dans 5 à 10 ans

* Partir à l’étranger ?

Je m’appelle David Tennerel, j’ai 30 ans et je fais du pari sportif de manière professionnelle depuis 4 ans. Mon parcours? J’étais joueur de poker professionnel avant et donc j’ai fait la transition il y a 4 ans entre le poker et les paris sportifs. Tout simplement parce qu’il y a beaucoup de similitudes entre le poker et les paris. Il y a 4 ans, j’étais donc débutant, je voulais apprendre les paris sportifs et plutôt que de le faire tout seul dans mon coin, comme on peut le faire au poker, je me suis dit que j’allais partager ce que j’apprenais à une communauté et c’est à ce moment que j’ai ouvert mon blog parieur-pro. Je partage depuis via des articles et des vidéos tout ce que j’ai appris au fur et à mesure en partant de quasiment débutant. Je dis quasi car le passé de joueur de poker pro m’a été très utile pour avancer. Donc depuis 4 ans, j’apprends à mieux parier et en même temps je transmets tout ce que j’apprends.

Journaliste: Est ce que tu pourrais nous dire ton emploi du temps d’une journée par exemple?

David: Prenons une journée type. La première tâche de ma journée, ça va être du suivi de tipsters parce que je génère du gain aux paris sportifs en suivant des tipsters. En proportion, les 3/4 de mes paris sont du suivi de tipsters. En fait un tipster c’est une personne qui vend ses pronostics qui est généralement expert dans un sport en particulier. Par exemple, on peut avoir un tipster sur le football et son expertise peut même aller jusqu’à une ligue en particulier par exemple la ligue 1 en France. Son travail, c’est de détecter sur les bookmakers des erreurs de cotation qu’on appelle des value bet. En jouant sur ces erreurs de cotation on va générer des gains sur le long terme. Donc mon travail depuis 4 ans, c’est de sélectionner les meilleurs tipsters. Donc ma journée commence par prendre les paris que les tipsters que je suis m’ont envoyés même pendant la nuit car je n’ai pas que des tipsters français. Je mets aussi à jour les gains et les pertes que j’ai eu dans les 24 dernières heures. A savoir, que je suis également tipster sur un marché de masse qui est le football, donc ma deuxième tâche de la journée, ça va être de faire mes propres pronostics pour essayer de détecter moi-même les value bet sur les bookmakers. Je le fais grâce à un logiciel que j’ai développé il y a 4 ans maintenant quand je suis arrivé à Nantes. J’ai vu le “chèque territoire innovation” à l’époque pour la création d’un logiciel qui n’existait pas encore sur le marché et un logiciel qui me permet de faire mes propres pronostics. Il n’y a pas de logiciel miracle par contre on peut utiliser des logiciels pour aider à la décision et c’est ce que j’utilise aujourd’hui et ça m’aide beaucoup. Ça, c’est mon 2ème travail de la journée et c’est un travail que je partage avec les membres de mon espace privé, ceux qui sont sur le blog donc s’ils veulent eux aussi jouer ces pronostics, ils y ont accès. La 3ème chose que je fais dans ma journée, c’est de répondre à tous les messages sur le forum parce qu’il y a beaucoup de gens qui vont avoir des questions, des remarques sur tous les sujets possibles en pari sportif. Personnellement, j’ai 4 ans d’expérience et je ne me considère pas comme expérimenté donc sur le forum, il s’agit vraiment de partager ses expériences, ses interrogations. Je n’ai pas la prétention d’apprendre aux autres, je partage juste ce que j’apprends et on travaille ensemble sur le forum. Ensuite je réponds à tous mes messages, mails, … Et en parallèle, je continue de suivre mes tipsters tout au long de la journée car je reçois des pronostics également au cours de la journée. 

Journaliste: Est ce que tu peux me dire combien tu as de tipsters? 

David: En ce moment, je dois avoir une quinzaine de tipsters. Je dois avoir une douzaine de bons tipsters, que je suis en grosse mise en tout cas en mise principale et je dois avoir à peine 10 tipsters que j’ai en test. Sélectionner un tipster, c’est un processus long. Je vais commencer par le présélectionner grâce à ses statistiques, son historique on va dire son CV puis après ça je vais le suivre avec des toutes petites mises (5€) pendant plusieurs mois pour vraiment déterminer si ce tipster est bon ou pas. Il y a plusieurs exemples qui vont me montrer si le tipster est fiable ou pas. Par exemple, comment le tipster va réagir quand il va être en bad run, c’est à dire il va avoir une mauvaise série de paris. Par exemple, sur 1 mois il va perdre beaucoup de paris. Dans ces temps là, on se rend compte que certains tipsters ne sont plus maîtres d’eux mêmes et vont partir en tilt, c’est à dire qu’ils vont jouer n’importe comment pour se rattraper et rattraper vite leurs pertes. C’est un des éléments qui peut me montrer qu’un tipster n’est pas fiable sur le long terme. Parce ce qu’un tipster, même s’il est bon, va forcément avoir des périodes où il va gagner beaucoup et des périodes où il va perdre beaucoup. Donc un bon tipster, même quand il perd de l’argent, doit rester stable, comme s’il n’avait pas d’émotions. 

Journaliste: Est ce que tu pourrais expliquer à nouveau comment tu as commencé à jouer au poker et ensuite pourquoi tu es passé du poker aux paris sportifs?

David: J’ai commencé à jouer au poker parce que c’était ma passion à l’époque donc j’ai commencé à regarder des vidéos de poker. Je n’avais pas conscience qu’il y avait des joueurs professionnels, qui vivaient du poker et donc je me suis plus intéressé à ça et je me suis rendu compte que ça existait et je me suis dit c’est ça que je veux faire. A l’époque, je me rappelle, il y avait un site de coaching de poker qui proposait un concours pour lequel on pouvait postuler avec une petite vidéo et un texte de présentation et à partir de là, ils offraient des coachings de joueurs de poker professionnels à des joueurs de poker débutants comme j’étais et donc j’ai gagné le concours avec 2 autres personnes et pendant un an j’ai eu du coaching gratuitement alors qu’une heure de coaching au poker ça peut être très cher ça peut aller de 50 à 200€/h. Du coup, j’ai bénéficié de conseils gratuits et ça m’a permis je pense en 9 mois de vivre du poker alors que j’étais débutant à la base. 

Journaliste: Qu’est ce que tu appelles vivre du poker?

David: Vivre du poker, c’est faire un smic ou un peu plus. Alors après, qu’est ce qui m’a poussé à changer pour les paris sportifs? Tout simplement, parce que le marché du poker était de plus en plus difficile pour les joueurs professionnels. En fait, il y a eu un boom du poker ces 15 dernières années, on va dire qu’avant les joueurs professionnels gagnaient très facilement sur les joueurs amateurs parce que personne ne savait bien jouer au poker. Puis un jour, un joueur amateur a gagné le plus gros tournois de poker aux Etats Unis. Et à partir de ce moment là, tout le monde a voulu se mettre à jouer au poker et il y a beaucoup  de sites de poker de coaching qui se sont développés et les gens ont vraiment commencé à apprendre. Ce qui fait que les joueurs professionnels ont eu beaucoup plus de difficulté à bien gagner tout simplement parce que les joueurs en face d’eux étaient beaucoup plus forts. Donc ça devenait de plus en plus difficile au poker et les paris sportifs m’ont toujours intéressé. Je me suis rendu compte qu’aux paris, on joue directement contre le bookmaker, ça veut dire qu’à partir du moment où on est gagnant et qu’on a la bankroll adéquate, la bankroll est la somme qu’on investit dans les paris sportifs qui est différent de l’argent qu’on a pour vivre tous les jours, c’est une somme à part, on peut gagner beaucoup d’argent. La 2ème chose qui m’a fait switcher aussi, c’est qu’au poker, pour gagner de l’argent, il faut être devant son écran d’ordinateur et on échange notre temps contre de l’argent. On peut faire du coaching aussi mais le principal gain, c’est en jouant. Alors qu’aux paris on peut imaginer, et c’est un de mes projets, de recruter une équipe de traders un peu comme en bourse qui va suivre les tipsters et développer une entreprise autour de ça, chose impossible à faire au poker.  

Journaliste: Ca existe déjà?

David: oui, ça existe et ça s’appelle des syndicats mais ça n’existe pas en France parce que juridiquement c’est un peu compliqué. Ça existe en Angleterre par exemple et en Asie. En fait les syndicats sont des sociétés d’investissement un peu comme les sociétés d’investissement en bourse. Ça veut dire qu’on a une société constituée de traders, de mathématiciens, d’experts en probabilité qui vont repérer les value bet grâce à des logiciels, des algorithmes. Ils vont grâce à ça battre les bookmakers et ils vont fonctionner comme une société d’investissement classique. A savoir, les investisseurs vont confier leur argent à ces sociétés et ces dernières vont investir cet argent sur les marchés sportifs, sur les bookmakers et vont faire fructifier cet argent. En fait, c’est exactement ce que je fais aujourd’hui mais à beaucoup plus grande échelle.

Journaliste: En fait c’est plus le jeu que le sport qui t’a amené aux paris sportifs?

David: C’est un peu les deux. Mais c’est vrai que je suis à la fois passionné de sport et de jeux et j’aime bien tout ce qui est mathématiques, probabilité. Les paris sportifs regroupent tout ça. 

Journaliste: Au début de l’interview, tu disais, le poker et les paris en ligne sont très proches mais ça ne parait pas évident comme ça. 

David: C’est très proche tout simplement parce qu’au poker, les joueurs vont chercher à détecter des value bet eux aussi mais contrairement aux paris ce ne sont pas des value bet sur des bookmakers mais des value bet contre d’autres joueurs, ce sont des situations de value bet. Par exemple, le joueur de poker quand il mise, son objectif c’est que sa mise soit rentable sur le long terme. Le joueur de poker peut lui aussi perdre sur le court terme. Si par exemple le joueur bluffe le montant du pot, pour être rentable son bluff devra passer dans 50% du temps. Je ne sais pas si c’est très clair mais en tout cas, en termes de probabilité, les joueurs de poker professionnel vont réfléchir de cette manière. A chaque fois qu’ils font une mise, ils calculent la probabilité, le pourcentage de chance nécessaire pour que ça passe pour que ce soit rentable sur le long terme. Aux paris sportifs, c’est la même chose, on recherche les cotes qui sont value pour que ce soit rentable sur le long terme. C’est sur ce point que les jeux se ressemblent beaucoup. 

Journaliste: Tu parles beaucoup de mathématiques, de probabilité. Alors, est ce que les paris sportifs c’est plutôt du hasard ou tout est prévisible?  

David: C’est un peu les deux. Il y a une partie de hasard et une partie prévisible. On va dire que sur un match, sur un pari, le hasard joue une très grande place. Par exemple, sur un match de foot, il est impossible de prévoir le résultat. On ne peut pas prévoir un carton rouge, un but refusé, … Il est impossible aujourd’hui de prévoir un résultat, personne ne fait ça. Par contre, avant que le match n’ait lieu, il est possible, grâce à une analyse poussée, d’estimer la probabilité de victoire d’une équipe. Grâce aux analyses et aux conseils des tipsters, on va estimer la probabilité de victoire d’une équipe et à partir de là, on va juste la comparer à ce que propose le bookmaker. Si c’est intéressant de jouer, c’est à dire si la probabilité qu’on a estimé est supérieure à celle estimée par le bookmaker, là on a une value bet et à ce moment, mathématiquement, on va générer des gains sur le long terme. Le long terme c’est des centaines voire des milliers de paris. Si on prend l’exemple de la pièce à pile ou face. Si vous lancez une pièce et vous gagnez 1,10€ quand ça tombe sur face et vous perdez 1€ quand c’est pile, c’est un jeu qui a une espérance de gain positive. Ça veut dire que sur 10 lancers, vous pouvez perdre de l’argent, par contre sur des centaines voire des milliers de lancers, vous serez forcément gagnant à la fin. C’est le même principe qu’à la roulette sauf que c’est l’inverse. La roulette a une espérance de gain négative, on a moins de 50% de chance de doubler quand on joue sur rouge et noir par exemple, ce qui fait que sur le court terme on peut être gagnant à la roulette par contre sur des milliers de lancers, c’est toujours le casino qui gagne. 

Journaliste: Est ce qu’on peut jouer de temps en temps? 

David: Pas quand on le fait de manière professionnelle. Si je joue de temps en temps, je ne peux pas générer de gain aux paris sportifs, je ne pourrais pas en faire un métier, je ne pourrais pas avoir plus tard des projets de création de société d’investissement. Il y a deux aspects dans le jeu. L’aspect récréatif, les gens font ça pour s’amuser. Il y a une recherche du gain mais souvent c’est un gain illusoire, on veut gagner beaucoup en un seul pari. Si on perd, on veut se refaire tout de suite, il n’y a pas vraiment de gestion et là, certains peuvent tomber dans l’addiction. Quand on a une gestion professionnelle, l’addiction n’est pas présente. Si je n’ai pas parié pendant 1 semaine, je m’en porte très bien, ça ne me dérange pas du tout. Comme quand j’étais joueur de poker, je ne me sentais pas addict, c’était vraiment un travail. Quand je me lève le matin que je commence ma routine je vais prendre du plaisir mais je ne me sens pas addict, si je n’ai pas à le faire sur une journée, au contraire, je prends une journée de repos et ça me va très bien. Par contre, le joueur récréatif peut tomber plus facilement dans l’addiction parce qu’il n’a pas de gestion. Quand on veut investir dans les paris, on va dédier une somme aux paris sportifs qui s’appelle la bankroll et quoi qu’il arrive, on ne va pas aller chercher dans ses économies personnelles. Il y a une délimitation entre la bankroll, les économies, l’argent personnel, chose que le joueur récréatif n’a pas. Lui va miser son argent dédié pour se loger, se nourrir, … chose qui n’existe pas dans les paris sportifs professionnels.

Journaliste: Donc tu as 2 comptes en banque?

David: J’ai un seul compte en banque mais c’est clairement délimité, j’ai vraiment ma bankroll et mon argent personnel. Et en aucun cas, depuis que j’ai commencé les paris, je ne suis allé chercher dans mon argent personnel pour joueur aux paris. J’ai mis une toute petite somme dans ma bankroll au début et je n’ai jamais remis d’argent dans cette bankroll. 

Journaliste: Tu disais pourtant qu’à court terme, il arrive d’être dans le négatif.

David: C’est ça, à court terme. Du coup, pour contrer ça quand on investit de manière professionnelle, on ne mise que des toutes petites sommes par rapport à sa bankroll. En moyenne, je ne mise que 1% de ma bankroll par pari. Un débutant ou un joueur récréatif peut miser sur un seul pari 50% voire la totalité de sa bankroll même s’il n’en a pas. C’est ça qui fait toute la différence. Je peux être perdant sur des centaines de paris et pourtant ne pas avoir ma bankroll en danger. Si par exemple, pendant 1 mois je perds de l’argent, le mois suivant, vu que mon unité de mise reste à 1% de ma bankroll, mon unité de mise se réduit automatiquement. Mathématiquement, si on est un joueur gagnant sur le long terme, on ne peut pas perdre la totalité de sa bankroll en jouant de cette manière. C’est la même chose avec les placements en bourse. Les traders diversifient leurs placements pour faire en sorte que même si un placement se passe mal, l’intégralité des sommes n’est pas mise en danger. 

Journaliste: Tout ça, la bankroll par exemple, tu en as entendu parler comment? Qui en parle? 

David: Il y avait quelques personnes sur internet qui parlaient déjà des paris sportifs comme un investissement sérieux et professionnel. Du coup je me suis formé auprès de personnes qui avaient déjà un bon niveau et il y avait déjà cette notion de bankroll. La manière de gérer sa bankroll, les value bet. 

Journaliste: Et ils le justifient comment? C’est un moyen de ne pas devenir accro? 

David: Oui c’était plus un moyen de ne pas perdre l’intégralité de sa bankroll en fait. Toujours avoir sa bankroll en sécurité et de ne pas faire n’importe quoi. Il y a des gens qui ne savent pas se gérer, qui vont partir en tilt dont je parlais tout à l’heure. Le tilt, on le retrouve aussi au poker. C’est quand une personne perd beaucoup de coups au poker ou beaucoup de paris dans le cas des paris, elle va avoir cette sensation intérieure de devoir remonter tout de suite. De ne pas avoir la patience, de vouloir se refaire tout de suite et c’est là où c’est une forme d’addiction. On tombe dans un aspect où on a plus le contrôle de soi-même. On commence à miser sans réfléchir, il faut vraiment que sur le court terme on regagne l’argent. On ne retrouve jamais cet aspect dans la gestion professionnelle. En professionnel, on continue à suivre sa bankroll, on ne se met pas en danger et si on est un parieur gagnant sur le long terme, si on fait les bons choix, la bankroll finit toujours par remonter. Des fois ça demande plusieurs semaines avant de rattraper un gros badrun. Ce n’est pas un problème pour moi, c’est quelque chose que je vis très bien, la plupart des membres qui travaillent avec moi le vivent aussi bien parce qu’ils ont déjà des notions. Par contre un joueur débutant ou un joueur récréatif, je peux imaginer que s’il perd 100 ou 200€, il a envie de remiser derrière 500€ et ça peut être un peu destructeur.

Journaliste: Dans ta communauté, tu n’as pas de joueur récréatif? 

David: Si, je pense qu’il y a des joueurs récréatifs mais qui veulent se professionnaliser ou en tout cas qui ont vraiment cette envie d’apprendre et de bien gérer ça comme un investissement. Généralement les joueurs récréatifs qui misent gros sans bankroll et qui veulent gagner gros rapidement, ils vont s’inscrire dans mon club privé mais ils ne restent pas longtemps parce qu’ils ne se retrouvent pas dans le travail que je propose, ils ne se retrouvent pas dans la communauté. Par exemple, au casino, on sait très bien qu’on a une espérance de gain négative, on sait très bien que sur le long terme c’est le casino qui gagne et pourtant ça ne nous empêche pas d’aller jouer et de payer le fait de passer un bon moment tant qu’on ne tombe pas dans l’addiction. C’est vraiment le côté récréatif, de payer pour passer un bon moment, je n’ai rien contre ça, par contre à partir du moment où on veut gagner de l’argent de façon professionnelle, ce n’est pas la même chose.

Journaliste: Est ce qu’il n’y a pas un élément important dans tous les jeux d’argent qui est l’adrénaline et l’incertitude?

David: Si bien sûr et on le retrouve un peu dans le côté professionnel. Moi aussi ça m’arrive. Même si je dis qu’il ne faut pas le faire, ça m’arrive de suivre le match et d’être content quand mon pari passe ou alors d’être déçu quand le pari ne passe pas. Il y a un peu ce côté adrénaline qui est, à petite dose, agréable, en tout cas ça fait partie du travail. Maintenant, si on ne fait pas attention, ça peut devenir très fatiguant et j’ai beaucoup progressé sur ce point. Quand j’ai commencé, je suivais la plupart des résultats de tous mes paris sportifs de tout ce que je suivais. Et ça demande beaucoup d’énergie parce qu’on est content quand un pari passe, malheureux quand un pari ne passe pas et ce n’est pas bon en terme d’énergie sur le long terme car on se fatigue beaucoup. Donc ce que je fais maintenant et ça reprend la routine que j’expliquais tout à l’heure, le matin je vais regarder si j’ai gagné ou perdu mes paris des 24 dernières heures et je ne vais pas être toute la journée à suivre. Il faut être le plus détaché des résultats sur le court terme.

Journaliste: Finalement pour toi maintenant c’est des chiffres? 

David: Oui, c’est ça. Une journée où je perds de l’argent ne me fait rien. Ça ne me rend pas malheureux. Et inversement, une journée où je gagne ne va pas me rendre plus euphorique que ça. J’aime regarder mes résultats sur le long terme, sur une année mais certainement pas sur un jour ou sur une semaine parce que ça n’a aucune signification. 

Journaliste: Est ce que ça, ça ne vient pas de ta formation avant? Peux tu expliquer ce que tu as fait avant d’être joueur de poker professionnel? Où est ce que tu as étudié?

David: Je crois que ça me vient quand même de joueur de poker professionnel. Cet aspect de détachement des résultats sur le court terme, c’est quelque chose que j’ai appris au poker. Le joueur de poker lui aussi, même s’il est bon, s’il gagne bien de l’argent chaque mois ou en tout cas à la fin de l’année, sur le court terme, sur une session, une journée de poker, il y a peut être 40% de chance qu’il soit négatif. Sur 10 journées de travail d’un joueur de poker, peut être qu’il y aura 4 jours où il aura perdu de l’argent et 6 jours où il aura gagné de l’argent. Si le joueur de poker n’est pas capable de se détacher de ses résultats en court terme, c’est très problématique parce qu’il va se sentir mal 4 jours de la semaine sur 10. C’est pour ça que les joueurs de poker professionnels ont un vrai travail de développement personnel à faire, et la plupart le font d’ailleurs, de se détacher des résultats sur le court terme. C’est à ce moment que j’ai appris à faire ça. Il y a aussi la méditation. Beaucoup de joueurs de poker méditent. La méditation permet de relativiser, d’être plus cool face aux résultats du court terme. Faire du sport également, en fait il faut trouver quelque chose parce qu’on ne peut pas être malheureux 4 jours sur 10 sur le long terme.

Journaliste: Tu dis que tu médites. Tu fais quoi exactement? Et depuis quand tu pratiques?

David: Je crois que je fais ça depuis que je suis joueur de poker. C’est assez variable, je n’ai pas de routine particulière. Il y a des périodes où je médite jusqu’à 30 ou 45 minutes par jour. Je pratique la méditation mindfulness, je me concentre sur ma respiration. Donc sur le court terme déjà ça relaxe mais aussi sur le long terme ça permet d’être plus serein sur les résultats du court terme mais je dirais aussi dans la vie en général. 

Journaliste: Est ce que c’est un travail stressant en fait?

David: Aujourd’hui, ce n’est plus un travail que me stresse. Par contre, avant, quand j’étais joueur de poker, c’était plus stressant parce que j’avais moins de détachement par rapport aux résultats court terme. Maintenant, je n’ai pas un métier qui me stresse beaucoup. Parce que j’ai une gestion saine de bankroll, parce qu’à aucun moment je vais mettre des sommes qui ne sont pas raisonnées sur un seul pronostic, donc il ne peut rien m’arriver sur un pronostic ou même sur une semaine. 

Journaliste: En écoutant de ce que tu dis, j’ai l’impression que tu as appris beaucoup de choses sur internet, la gestion de ton entreprise.

David: Complétement, j’ai appris beaucoup de choses sur internet. Aujourd’hui, on peut trouver pas mal de choses dans n’importe quel domaine que l’on veut développer. Sur internet, il y a de tout. Si on prend les paris sportifs, il y a plein d’arnaques, de choses qui poussent à l’addiction mais il ya quand même des bonnes choses qui permettent de travailler de manière professionnelle. J’ai commencé à faire du développement personnel justement à l’époque où j’étais joueur de poker professionnel, ça m’a beaucoup aidé et ça m’aide encore aujourd’hui. On peut tout apprendre sur internet quasiment. Je ne crois pas à la méthode miracle, c’est à dire que c’est possible de gagner de l’argent sur internet mais tout demande du travail. Si on veut devenir parieur professionnel, ça demande beaucoup de travail. Prenons l’exemple d’un parieur professionnel qui habite à Nantes. Ça fait 10 ans qu’il fait des paris sportifs et il lui a fallu 5 ans pour devenir parieur professionnel alors que c’est un ancien prof de maths qui a de très bonnes bases. Clairement, il faut énormément de temps et de travail. Peut être même encore plus aujourd’hui qu’avant. Il y a 5 ans, il y avait assez peu de ressources sur internet par rapport aux paris sportifs, aujourd’hui il y a plus de ressources mais on ne devient pas parieur professionnel en 6 mois ou 1 an de travail, ça me parait complètement impossible. 

Journaliste: Tu dis qu’il faut du temps et du travail. Donc finalement, avec tes calculs, tes logiciels, tu essaies d’éradiquer le hasard et la chance? 

David: C’est ça. En tout cas, comme je le disais, la chance sur le court terme, on ne peut pas l’éradiquer, on ne peut rien prévoir de ce qui va se passer sur un match, par contre la chance sur le long terme c’est quelque chose qui tend à disparaître sur des milliers de paris. 

Journaliste: Finalement ce n’est pas un jeu de hasard. Finalement, ton travail c’est de contrôler le hasard?

David: Est ce qu’on peut dire contrôler le hasard? Je ne suis pas sûr. En soi, le pari sportif en lui-même c’est du hasard total. Impossible de prédire ce qui va se passer sur une rencontre donc c’est du pur hasard. Notre travail, ça va être de déterminer si le bookmaker a bien coté la probabilité du match. Ca reste un jeu de hasard sur le court terme.

Journaliste: Et sur le long terme? C’est un peu mettre le hasard de côté?

David: Oui je dirais mettre les probabilités de son côté et qui tend à enlever cette part de hasard. 

Journaliste: Et tout à l’heure tu disais que sur internet il y avait de tout, qu’il y avait des choses qui pouvaient rendre les gens accro. Tu pensais à quoi?

David: Par exemple, aujourd’hui, n’importe qui peut se dire tipster, qui est une personne qui vend des pronostics. Quelqu’un qui cherche des pronostics sur internet va trouver énormément de tipsters mais pour moi il y a peut être 3% des tipsters qui permettent de générer des gains sur le long terme. Pour un parieur inexpérimenté, c’est quasiment impossible de faire le tri entre ce qui pourrait lui faire gagner de l’argent et ce qui pourrait lui faire perdre de l’argent. Je n’aime pas trop le mot arnaque parce qu’en soit les tipsters proposent vraiment des pronostics. On pourrait se poser la question, est ce que les casinos arnaquent les joueurs qui viennent jouer? C’est une vraie question qu’on peut se poser. En fait, le joueur sait qu’il va perdre de l’argent mais il va quand même jouer au casino qui va de manière certaine lui prendre de l’argent sur le long terme. Je n’ai pas la réponse. C’est un peu le même principe dans les paris sportifs pour certains tipsters, est ce que ça va faire gagner les gens, je ne sais pas, est ce que ça va leur donner du plaisir probablement que oui, est ce que ça va les faire tomber dans l’addiction, oui. On retrouve les mêmes dangers qu’on a dans les casinos.

Journaliste: Tu parlais des maths, etc. Mais je ne pense pas que les gens qui vont au casino ont en tête qu’ils vont repartir en se disant qu’ils vont forcément perdre. Je pense qu’il y a toujours un espoir.

David: C’est un peu la même chose dans les paris sportifs. Les gens ont vraiment cette illusion qu’ils vont pouvoir battre le bookmaker. Oui je suis d’accord, les gens ont cette illusion qu’ils vont pouvoir gagner de grosses sommes aux jeux d’argent. C’est vrai que c’est possible sur le court terme mais l’espérance de gain reste négative. Nous en professionnel, on se concentre sur l’espérance de gain sur le long terme. 

Journaliste: Est ce que quand tu as commencé à jouer tu n’avais pas cette illusion de te dire je vais sortir du lot et gagner de grosses sommes? 

David: Non, je ne crois pas peut être quand j’étais plus jeune. A partir du moment où j’étais joueur de poker professionnel, j’ai compris que ce n’était pas là que les professionnels gagnaient de l’argent. Après, oui ça arrive qu’une personne gagne une grosse somme au loto, en grattant un millionnaire. Ou alors il va jouer au blackjack et va avoir énormément de chance sur une soirée mais on va dire que ce sont des choses qui sont anecdotiques, on ne peut pas vraiment se baser là dessus pour gagner de l’argent. 

Journaliste: Est ce qu’aujourd’hui ça t’arrive de rejouer au poker? Qu’est ce que ça te fait quand tu rejoues? 

David: En fait, j’ai très peu rejoué depuis ces 4 dernières années. J’ai fait quelques parties. C’est là où je me suis dit que je n’étais pas addict parce qu’à partir du moment où j’ai dû arrêter, je n’ai quasiment pas rejoué. J’y ai rejoué par plaisir mais pas par nécessité de gagner de l’argent 

Journaliste: Ce n’est pas forcément quelque chose qui t’attire, qui te procurera plus de plaisir?

David: Non, je ne crois pas. Si j’ai envie de refaire une partie, j’en referai une mais c’est tout. Par exemple, j’étais à Vegas cet été, donc oui j’ai joué au poker par plaisir mais clairement pas par nécessité de gagner de l’argent et certainement pas par addiction. 

Journaliste: C’est quoi pour toi les jeux désespérés sur lesquels on ne peut pas être pro?

David: Les pires, je pense que c’est les machines à sous. En soi, tous les jeux du casino à part le poker ont une espérance de gain négative donc on ne peut pas espérer devenir professionnel en jouant aux machines à sous ou à la roulette. Je le vois notamment sur mon blog, il ya des gens qui pensent et qui s’acharnent à dire qu’il est possible de gagner sur le long terme à la roulette, qu’il y a des méthodes. Evidemment, il n’y a pas de méthodes sinon les casinos auraient fait en sorte que ça s’arrête. Mais il y a vraiment cette illusion chez certaines personnes qu’il est possible de gagner régulièrement de l’argent à la roulette. Les jeux de grattage aussi. Les seuls jeux à espérance de gain positive sont le poker joué de manière professionnelle où il va falloir travailler et les paris sportifs où là aussi il faut travailler.

Journaliste: Et le loto ou Euromillion?

David: C’est pareil, espérance de gain négative. La probabilité de gagner est trop faible par rapport au prix du ticket. Par exemple, si on achetait tous les tickets avec tous les numéros possibles on serait sûr de gagner mais on dépenserait plus d’argent qu’on en gagnerait. On peut avoir de la chance une fois mais c’est impossible de se baser là dessus de façon professionnelle. 

Journaliste: Il y a des gens qui disent qu’ils ont fait des calculs et qu’ils ont fini par gagner. Donc j’imagine qu’ils ont augmenté leur probabilité mais qu’il y a toujours une grosse partie de chance.

David: Oui, c’est possible. Il y en a qui travaillent sur la loi de grands nombres en se disant qu’en analysant tous les tirages qui sont sortis par le passé, en déduire que certains chiffres sortent plus que d’autres. Moi je n’y crois pas vraiment, même pas du tout. Au loto par exemple, les tirages sont complètement indépendants, donc on peut étudier tout ce qui s’est passé dans le passé, on ne pourra pas déduire de probabilités plus intéressantes. Les probabilités restent les mêmes quoi qu’il se soit passé.

Journaliste: Par exemple, quand tu lances un dé, chaque tirage est indépendant donc ce qui s’est passé avant n’a pas d’importance. Par contre, si tu vois que le 6 n’est pas sorti, il y a de fortes chances qu’il sorte.

David: Et bien bonne question. Est ce que si le 6 n’est pas sorti sur les 50 lancers précédents, est ce qu’il a plus de chance de sortir sur le prochain tirage. Je ne pense pas mais c’est une bonne question.

Journaliste: Si tu prends le tirage de façon indépendante, il a autant de chance de sortir mais la chance qu’il sorte alors qu’il n’est pas sorti les 50 coups d’avant alors qu’il a aussi 1 chance sur 6 de sortir est de plus en plus importante. 

Journaliste 2: moi je pense que malgré ce qui s’est passé avant le chance reste de 1/6.

David: Je me trompe peut être. Il y a beaucoup de personnes qui travaillent sur la loi des grands nombres. C’est une loi qui est reconnue et qui existe. Mais, je ne sais pas je n’ai pas la réponse là dessus.

Journaliste: Qu’est ce que pensent tes proches de ton travail? Comment tu leur présentes ce que tu fais? Est ce qu’ils comprennent?

David: Oui, ils comprennent. Encore une fois, j’étais joueur de poker professionnel avant donc on va dire que les paris sportifs ça n’a choqué personne. Par contre, quand j’ai commencé le poker, on se posait beaucoup de questions et on se demandait surtout est ce que c’est possible de gagner au poker et on s’inquiétait aussi de l’addiction. L’image qu’ont les gens des jeux d’argent est très négative d’une manière générale. Quand on pense jeux d’argent, on pense addiction, perte financière. Les gens étaient inquiets au début mais il faut prendre le temps d’expliquer puis ils comprennent. 

Journaliste: Est ce que ça a été difficile pour toi de faire accepter ça? 

David: Non, pas vraiment difficile parce que j’ai su expliquer que c’était quelque chose de rationnel. Je pense qu’il faut vraiment prendre le temps d’expliquer.

Journaliste: Pour expliquer le côté professionnel tu insistes sur le côté rationnel que ce soit dans le poker ou dans les paris. C’est vraiment ça qui rassure les gens?

David: exactement. Il y a un côté rationnel, mathématiques, réfléchi. Il y a aussi la gestion  de bankroll. Quand on explique qu’on a un capital dédié aux paris ou au poker et que ce capital n’est pas mélange avec notre argent personnel, je trouve que c’est un grand pas pour faire accepter ça. 

Journaliste: Est ce qu’il y a des gens de ta communauté qui t’ont déjà reproché de ne pas gagner pendant un certain temps ou de ne pas gagner quand ils suivent tes conseils?

David: Oui ça arrive. J’ai un gros détachement par rapport à ça. Généralement, les personnes qui envoient ce genre de messages sont les joueurs récréatifs. Il y a certaines personnes qui arrivent sur le forum, qui disent qu’ils ont perdu un pronostic, que ce n’est pas normal. Dans la communauté on est pédagogue et bienveillant, on va juste expliquer les choses et il y a 2 cas de figure. Soit la personne n’est pas en phase avec mon travail, avec ce que je propose et elle va partir. Soit la personne se dit ok et va passer de joueur récréatif à joueur initié qui veut essayer de comprendre comment investir de l’argent et gagner de l’argent. C’est quelque chose d’assez courant mais dans la partie joueurs récréatifs. 

Journaliste: Comment tu es passé de ce que tu faisais avant à joueur de poker? As tu lâché ce que tu faisais avant?

David: Oui, j’ai tout lâché pour faire ça. Avant, j’avais monté une première entreprise de vente en ligne et j’avais vraiment envie de changer et de faire du poker une activité à part entière. Ma transition s’est fait assez naturellement.

Journaliste: Il y a une raison particulière pour laquelle tu voulais changer ou ça ne te plaisait plus? 

David: J’avais eu une prise de conscience me disant si tu ne le fais pas maintenant peut être que tu le regretteras. Je me suis dit fais le comme ça il n’y aura pas de regret que ça fonctionne ou non.

Journaliste: C’est quelque chose qui te trottait dans la tête?

David: Oui, depuis que je suis ado, je regardais déjà les tournois de poker à l’époque. J’ai toujours aimé les jeux d’argent. Je me rappelle, même quand j’étais vraiment très jeune, j’essayais déjà de trouver des techniques pour gagner aux paris sportifs. 

Journaliste: Qu’est ce qui t’a donné cette envie? Tu avais des proches qui jouaient? Parce que ce n’est pas quelque chose de commun quand on est jeune de faire des paris sportifs.

David: Bonne question. Je ne crois pas avoir de proche qui jouait, ça m’est venu comme ça. J’aimais bien le sport, j’aimais bien les maths mais je serais incapable de me rappeler de mon premier pari. 

Journaliste: Quel âge avais tu quand tu as joué au poker pour la première fois? Est ce que c’était en ligne?

David: Je pense que j’avais 15 ans, j’étais ado. Oui, je pense que c’était en ligne. A l’époque il me semble que les sites étaient moins sécurisés pour interdire les mineurs de jouer. Sur les tournois gratuits je n’étais pas majeur c’est sûr.

Journaliste: Tu parlais d’entreprise en ligne puis joueur de poker. J’ai l’impression qu’il y a un côté très entrepreneur dans ta personnalité.

David: Oui, c’est ça. J’aime créer des choses, explorer, découvrir, apprendre par moi-même, comme on disait tout à l’heure on peut trouver plein de choses sur internet dans tous les domaines. 

Journaliste: Est ce que tu as rencontré d’autres personnes dans ton cas? Qui font des paris sportifs de façon professionnelle? Tu remarques des points communs entre leur parcours et le tien? 

David: Par exemple, Antoine. Antoine est un parieur professionnel qui habite à Nantes que j’ai rencontré quand j’ai lancé mon blog parieur-pro. A savoir qu’il existe très peu de parieurs professionnels en France, je n’ai pas de chiffre car il n’y a pas de référencement des parieurs. Antoine est un ancien prof de maths qui vit des paris sportifs aujourd’hui, c’est sa première source de revenu. Qu’est ce qu’on a en commun? Les maths, même si lui est plus calé que moi. On aime le sport tous les 2. Je pense qu’on a tous les 2 dans nos personnalités une envie d’être libre et indépendant. Au poker ou aux paris, seul un ordinateur suffit pour travailler. Je pense que les parieurs recherchent la liberté.

Journaliste: C’est important pour toi de ne pas avoir de patron, de travailler pour toi même? 

David: Oui. J’ai été gendarme quand j’étais jeune donc j’ai connu l’aspect très militaire, hiérarchique. C’est vrai que j’ai du mal à supporter un chef, qu’on me dise la manière dont je dois travailler. Je préfère faire par moi-même, faire des erreurs, avoir des succès, des échecs, en tout cas avoir la responsabilité de tout ce que je fais. J’aime me lever le matin et me dire que je vais faire ce qu’il me plait. J’ai quand même des obligations parce qu’il y a des gens qui me suivent, j’ai une responsabilité, on travaille tous ensemble mais ça reste des obligations que j’ai choisies. 

Journaliste: Tu t’imagines comment dans 5 ans? dans 10 ans? 

David: Dans 5 à 10 ans, je m’imagine déjà à l’étranger Canada, Malte ou Etats-Unis. J’imagine avoir créer ma société d’investissement. Le pays reste à déterminer, je travaille actuellement sur les points juridiques. En tout cas avec une société avec plusieurs dizaines de salariés et travailler sur le développement des gains aux paris sportifs. Je commence aussi à travailler sur la bourse qui est très complémentaire. Les paris sportifs étaient complémentaires avec le poker et la bourse est complémentaire avec les paris. Je commence à me former sur l’investissement en bourse et il y a énormément de similitudes avec les paris sportifs. 

Journaliste: Pourquoi l’étranger?

David: C’est une envie personnelle, j’ai toujours voulu aller habiter dans un pays anglophone et il y a aussi un aspect juridique tout simplement. Il y a des choses que je ne peux pas faire en France aujourd’hui comme par exemple monter une société d’investissement dans les paris sportifs. Il y a aussi toutes les taxes par rapport aux entreprises. On va dire il faut avoir beaucoup de courage pour avoir une entreprise en France, les taxes sont très lourdes, je m’en rends compte au fur et à mesure que je veux me développer. Maintenant, je comprends les entrepreneurs qui veulent aller vivre à l’étranger. Certes on a beaucoup d’avantages, c’est un beau pays je ne dis pas le contraire maintenant quand on est entrepreneur je pense qu’il y a beaucoup de barrières. Avant quand j’entendais que les entreprises payaient beaucoup de taxes c’est quelque chose que je ne comprenais pas mais maintenant oui.

Journaliste: Est ce que tu ne préfèrerais pas changer la loi ici plutôt que de partir? Est ce qu’il y a des recours possibles?

David: Disons que ça serait ambitieux de faire changer les lois. Je n’en ai pas les moyens pour l’instant, plus tard qui c’est. Si je veux faire mon projet dans les 1 à 2 ans, ça sera d’abord en partant à l’étranger et pourquoi pas plus tard revenir ou mettre une partie de mon entreprise en France c’est possible.  

À propos de l’auteur

David Tennerel administrator

    Laisser un commentaire