Un avenir radieux pour les parieurs professionnels

Pensez-vous que les cotes proposées par les bookmakers reflètent vraiment la probabilité réelle des événements ? La réponse est non. Voyons pourquoi les cotes ne sont pas une stricte représentation des probabilités d’une rencontre et en quoi l’économie comportementale peut nous aider à comprendre ce phénomène et ainsi mieux parier.

L’auteur original de cet article Dominic Cortis explique avoir lu le livre « Misbehaving: The Making of Behavioural Economics » de Richard H.Thaler. Ce livre réfute l’hypothèse traditionnelle selon laquelle les marchés économiques sont façonnés par des forces totalement rationnelles. L’idée est que l’économie se façonne non pas en fonction d’éléments purement rationnel mais plutôt en fonction du comportement des gens. On va voir que cette idée s’applique parfaitement aux paris sportifs.

 

L’hypothèse de l’efficience du marché

L’hypothèse de l’efficience du marché est la croyance selon laquelle tous les prix de tous les produits sur les marchés sont corrects et non sous évalués ou sur évalués.

Si l’on applique cette hypothèse aux paris sportifs, cela signifierait que toutes les cotes représentent la probabilité réelle d’un résultat (en y soustrayant la marge du bookmaker). Si cette hypothèse se révélait correcte, cela voudrait dire par conséquent qu’il serait totalement impossible de faire des profits aux paris sportifs sur le long terme.

Le métier de parieur pro ne pourrait alors pas exister. Il serait vain d’essayer de chercher des méthodes et d’essayer d’améliorer ses compétences d’analyse puisque les cotations étant déjà parfaites, aucune failles ne pourrait être trouvée.

A chaque fois que vous trouvez un value bet, cette hypothèse est réfutée puisque c’est une preuve que la cote réelle est éloignée de la cote théorique représentant les probabilités réelles de la réalisation de l’événement (on ne le sait qu’après avoir jouer des centaines de paris et que l’on se retrouve gagnant, ça n’est qu’à posteriori en effet que l’on sait si l’on a joué des values bet ou non).

 

Que représentent les cotes ?

Il faut d’abord prendre conscience d’une chose: même si un bookmaker est conscient des cotes réelles et théoriques d’un match, il est très improbable que ce bookmaker attribue des cotes très différentes de celles du marché déjà en place. Si il faisait cela, il risquerait de se mettre en danger puisque les parieurs pourraient profiter du déséquilibre du marché pour jouer un sure bet. Un sure bet étant le fait de jouer sur 2 résultats opposés (ou plus) sur plusieurs bookmakers afin d’assurer un bénéfice peu importe le résultat. Cela n’est possible que si les bookmakers ne sont pas bien alignés entre eux.

Ainsi, la bonne nouvelle dans tout cela, c’est que même si un bookmaker se rend compte qu’il propose un value bet, il ne va pas forcément le faire disparaître car il est moins dangereux pour le bookmaker de laisser un value bet pour les parieurs plutôt que de se désaligner du marché. C’est la raison pour laquelle les bookmakers ne font pas forcément la chasse aux values bet (contrairement à ce que l’on pourrait croire).

 

Un effet de mirage…

Sortir une cote juste pour les bookmakers consiste non pas à sortir une cote qui représentera les probabilités réelles, mais c’est sortir une cote qui sera vu comme cela par les parieurs.

Pour comprendre le jeu auquel doit jouer le bookmaker en sortant sa cote on peut prendre l’exemple d’un autre jeu qui a été testé sur des personnes. Ce jeu consistait en un concours où les participants devaient deviner les deux tiers de la moyenne de l’ensemble des réponses (pour des réponses comprises entre 1 et 100). Le résultat gagnant avait été 20. Il apparaît que selon l’explication de Thaler, le gagnant était un penseur de niveau 2. En effet, si tous les nombres doivent être compris entre 1 et 100 et qu’ils sont choisis au hasard, la moyenne est de 50. Les deux tiers de 50 est donc 33 (c’est de cette façon que raisonnerait un penseur de niveau 1). Cependant, si tout le monde suit le même raisonnement, alors le nombre correct serait deux tiers de 33, c’est à dire 22, comme le comprendrait un penseur de niveau 2.

Le principe est exactement le même pour les joueurs de poker. L’idée n’est pas de jouer de manière inexploitable pour eux mais plutôt jouer de manière à exploiter au maximum les faiblesses de leurs adversaires. Par exemple, si vous jouer contre un adversaire à votre table qui se couche très facilement alors vous allez beaucoup bluffer contre lui. Vous exploitez alors sa faiblesse mais vous devenez aussi exploitable si un autre joueur de la table remarque votre tendance à beaucoup bluffer.

Pour en revenir aux paris, l’idée est la même. Les bookmakers n’ont pas pour but de sortir des cotes parfaites par rapport à la réalité, mais ils veulent juste sortir des cotes qui semblent parfaites pour les parieurs. Si elles semblent parfaites, alors le trade va s’équilibrer naturellement et le bookmaker va gagner de l’argent.

 

Un avenir radieux pour les parieurs pro

En quoi le fait que les bookmakers ne cherchent pas à supprimer les values bet est une bonne nouvelle pour nous ? Tout simplement car jouer des values bet est la seule manière de gagner sur le long terme aux paris sportifs.

Ainsi, tant que la masse des joueurs n’aura pas apprise à trouver des values bet (par elle-même ou en suivant des tipsters) alors il n’y aura aucun problème pour les bookmakers d’en laisser à foison et cela même si ils profitent aux parieurs les plus aguerris. En effet, ces derniers représentants une minorité de parieurs, cela n’a que peu de conséquences pour les bookmakers.

L’avenir est donc très positif pour les parieurs pro dans le sens où des values bet il y en a partout, tout le temps et surtout ça sera toujours le cas puisque cela n’est pas un problème pour les bookmakers. C’est la raison pour laquelle je dis souvent que le métier de parieur pro a selon moi de beaux jours devant lui.

 

David Tennerel

 

Cet article est totalement inspiré de l’article «Applying behavioural economics in sports betting» de la partie betting ressource du site Pinnacle sport. Merci à Pinnacle pour l’autorisation donnée de réutiliser leurs articles pour le blog parieur-pro.fr.

 

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